BRUNO PAPET

Samedi 9 avril | Salle 3 | Palace | 10h | Séance Police de Liège

Bruno Papet est commandant honoraire de police, conseiller en formation professionnelle et formateur en sécurité publique et privée.

De 1999 à 2010, il est auteur d’ouvrages autobiographiques, dont 3 sont co-écrits avec son frère Michel :

« Deux Frères: flic et truand », sorti en 1999 chez Flammarion.
« L’adonis fardé et le vieux truand » – Ed. 2 frères
« Le sang de la colère » – Ed. les Traboules
« La Marginale » – Ed. les Traboules

Michel et Bruno Papet. L’un était flic, l’autre, truand. Dans leur livre « Deux Frères: flic et truand », ils se racontent à quatre mains.

Le scénario du film « Les liens du sang » est basé sur ce roman. « Rivals », un remake Hollywoodien du film est en projet, co-écrit par Guillaume Canet et James Gray. Aujourd’hui Bruno et Michel Papet ne sont plus en contact. Bruno nous fait l’honneur de participer au festival. Après la projection du film, il partagera avec nous son parcours de vie atypique au cours d’un débat ouvert.

FILM : « LES LIENS DU SANG »

Petit résumé de leur histoire : En 1959, les «grands», Michel Papet en tête, décident « d’une action punitive contre un patron négrier » pour venger un copain. L’aîné laisse son frère en dehors du coup: «trop jeune» (il a 15 ans, Michel en a 18)  L’équipe de « blousons noirs » cambriole le pavillon de l’exploiteur, puis réveille Bruno. Déjà, le cadet a un réflexe de flic : « Vous aviez des gants? » Michel est coffré. Bruno donne au complice en cavale son loden et 500 francs. Six mois en maison d’arrêt Saint-Paul à Lyon, Michel entame son « apprentissage de l’école du crime ». Bruno redoute les parloirs avec son frère, une « épreuve » imposée par le paternel. A la sortie, l’aîné verse truand, pour flamber de l’argent « dans les bars, les boîtes, une espèce d’engrenage » Un monde qui n’attirait pas Bruno. Taraudé par des questions existentielles, il se demande si les visites obligées à son frère l’ont poussé à prendre le contre-pied. Mais, c’est « surtout pour la moto » que Bruno a endossé l’uniforme de gendarme en 1968.  En parallèle, Michel et ses comparses jouent les proxénètes. Le truand Papet « flingue » un gars. Dix années de réclusion, dont quatre à l’isolement. A Mende, le pire des quartiers de haute sécurité. En 1975, Bruno, qui a bifurqué vers la police, croise les traces de son frère. Il est dans le camp d’en face, inspecteur au GRB à Lyon. La carrière de l’un fait « du tort à l’autre » et vice versa. Les détenus traitent Michel de « balance » à cause de son frangin flic. Les policiers écartent Bruno d’enquêtes liées à son frère. En 1978, Michel est en permission. Mais cette fois l’aîné ne retrouve pas son «petit frère d’avant». Il le trouve « fonctionnarisé à 100% ». « Les brèves discussions que nous avons sont à sens unique, le sien » dira-il. Comme tous les flics, il vit sur les nerfs, ne supporte pas la malhonnêteté.»

C’est la rupture. Le policier reste dans son camp, culpabilise et souffre. Toujours à chasser les bandits, Bruno passe à l’antigang en 1986. Le vaillant inspecteur se surpasse dans l’action, comme pour faire oublier son aîné truand. Et puis, «Michel, ce frère de l’autre côté de la barrière, y est pour quelque chose». Bruno n’a jamais tiré sur son double. Michel lui, a tué des voyous mais «jamais des gens honnêtes».

En 1991, Bruno devient formateur de policiers. Michel devient enfin un père pour sa fille de 12 ans et a coupé les ponts avec le milieu. Il est éboueur, puis conducteur de camions. Il a connu dans son studio la même solitude qu’en cellule. Son cadet a «pris peur de ce silence trop long». Le beau-frère Gégé les a réconciliés en 1995. Michel a «retrouvé une famille». Entre parties de tarots et de fous rires, ils ont renoué avec des amis d’enfance, ni flics ni voyous.

Avec la collaboration de l’école de Police de Liège